Instant Philo

Cosciences en partenariat avec l’association Kimiyo, le Centre d’éthique contemporaine et le bar le Black Sheep organise chaque mois une rencontre philosophique autour de sujets de société. Le concept est de discuter de philosophie avec des spécialistes, professeur, chercheurs, de disciplines variées mais aussi des artistes, des associatifs. La soirée commence à 20h, l’entrée est libre. Tous les événements se déroulent au bar le Black Sheep : 21 Boulevard Louis Blanc, 34000 Montpellier. Ces rencontres rentrent dans le cadre du programme Exploreur-e-s (voir ci-dessous). 

Programme Saison 3 (2017/2018) :

3 octobre 2017 : Faut-il opposer raison et croyance ?

Schopenhauer définit l’homme comme un “animal métaphysique”. Cela signifie que l’homme, en tant qu’être doué de raison, est amené à s’étonner du monde qui l’entoure et de sa propre existence. Mais cela veut aussi dire qu’il aspire à l’absolu et cherche à trouver un sens à son existence même si cela implique de dépasser les limites de la raison et de la connaissance objective. Pour le dire autrement, l’être humain serait naturellement porté à croire en des choses qui le dépassent, qui dépassent l’expérience sensible.

Croire, c’est le fait de tenir quelque chose pour vrai en se basant sur des opinions, sur des sentiments ou encore sur une croyance religieuse. Il est d’usage de distinguer une croyance d’un savoir, dans la mesure où le savoir, lui, est fondé sur des preuves et s’appuie sur des arguments rationnels. Autrement dit, le savoir est démontré objectivement, tandis que la croyance renvoie à la subjectivité et est acceptée sans preuves.

Pour autant, peut-on soutenir que la croyance exclut la raison ? N’y a-t-il pas, précisément, des raisons d’accepter une croyance ?

Mais reconnaître une interactivité entre raison et le fait de croire signifie-t-il alors que toutes les croyances sont valables ?

Nous avons tenté de répondre à ces questions (et à vos questions) avec :

-Joan-Antoine Mallet, doctorant en philosophie, Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (CRISES), Université Paul-Valéry Montpellier 3

-Florian Olivier, enseignant en philosophie

7 novembre 2017 :  La propriété, c’est le vol !

C’est une phrase provocatrice pour commencer cette présentation. Selon, Marx et Engel, l’accompagnement des serviteurs dans la tombe des monarques seraient à l’origine de la propriété privée, de l’esclavage et de la lutte des classes sociales. Mais, en effet, pourquoi acheter et posséder un bien ? Quels types de propriété ? Dans une époque, où les biens communs commencent à être valorisés avec par exemple, le covoiturage, l’offre d’équipement temporaire d’électroménager, mutualisation de matériel de bricolage, les laboratoires associatifs… Les initiatives se multiplient et réinventent intimement notre rapport à la propriété en dessinant les contours d’une économie qui s’annonce plus dématérialisée et plus circulaire. Ce partage et cette mutualisation ont un rôle central à jouer dans la construction d’un autre type de société. Cependant, où se placent la propriété intellectuelle ? La paternité d’une oeuvre d’art ou d’une invention ? La propriété intellectuelle consiste à protéger les inventions (brevet) et les œuvres (droit d’auteur) en conférant des droits exclusifs aux inventeurs et aux auteurs sur l’exploitation économique de leur production intellectuelle. Comment faire autrement ? Le deuxième instant philo de l’année a eu lieu en présence d’un juriste, Léo Roques et d’un philosophe, Luc Foisneau.

5 décembre 2017: Doit-on vivre en utopie ?

Aujourd’hui, la société opère un profond retour à une attitude nihiliste : les totalitarismes meurtriers qu’ont été le nazisme et le communisme, la prise de conscience des limites de la science et la perte de confiance en la politique ont fait sombrer la société dans une énorme dépression. Pour oublier ce qui l’interpelle, elle se jette dans le présent avec la surconsommation, la drogue, le virtuel : elle se vide la tête.

Ce retour au nihilisme n’est toutefois pas dépourvu d’espoir car il a l’avantage d’être lucide. Alors l’homme doit-il regarder la réalité en face ? Doit-il vivre ses rêves ? Que penser des mouvements survivalistes, des communautés d’artistes ou de scientifiques utopiques à l’heure actuelle ? Enfin, peut-on et doit-on réhabiliter l’utopie ?

Nous avons répondu à ces questions et biens d’autre en présence de Astrid-Maria Rinne Mendonça Mendes, professeure de philosophie, Bertrand Vidal, sociologue de l’imaginaire et Gwen Lasne de Luttopia.

6 février 2018 : Est-ce qu’il y a une économie éthique ?

L’économie peut-elle, dans son essence, être éthique? Face à la nécessité d’échange entre des individus qui veulent satisfaire leurs besoins respectifs, la monnaie est initialement née dans un souci d’équité.

Servant alors à la fois d’unité de compte, de réserve de valeur et d’intermédiaire d’échange (Aristote), celle-ci permettait de mesurer la valeur des flux et des stocks de biens, de services ou d’actifs, elle permettait un transfert du pouvoir d’achat dans le temps et matérialisait un échange commercial.

Mais à l’ère du bitcoin et du profit, que valorise-t-on? Que vaut le bitcoin si ce n’est une quantité faramineuse de dépense énergétique? Sur quoi base-t-on aujourd’hui l’équité d’un échange? De quoi dépend la valeur même d’un objet? Du temps de travail nécessaire à sa production ou du seul nombre de personnes prêt à l’acheter?

Etymologiquement, l’économie (oikonomia) est l’art de bien administrer une maison, de gérer des biens d’une personne et/ou d’un pays. Rousseau rappellera ainsi que l’économie est également politique. Mais face aux inégalités de richesses entre les individus qui ont donné lieu à la création de classes sociales, et face aux différentes formes de domination entre Etats, nous sommes en droit de nous demander quelle est la mission l’économie? Quelles sont ses règles et principes? En quoi l’action de l’économie définit le paradigme dans lequel s’effectuent ces échanges? Les acteurs de l’économie peuvent-ils être éthiques? Et si oui, se doivent-ils de l’être?

Nous avons eu l’honneur de débattre de ces questions en présence de Monsieur Le Doyen de la faculté d’économie de Montpellier François Mirabel, de Jean-David Rebichon (ingénieur en électronique, industriel, business developer et entrepreneur), d’Alain Marciano (maître de conférence en économie à la faculté d’économie de Montpellier), de Dimitri Lasserre (doctorant en philosophie de l’économie et docteur en économie) et d’Erick Michel (professeur d’histoire).

A venir :

6 mars : Les neurosciences et la société, ses avancées, ses espérances et ses questions éthiques

Dans le cadre de la semaine du cerveau, en compagnie de Gina Devau et Michel Vignes, neuroscientifiques et de Kévin De Checchi, doctorant en sciences cognitives, nous tenterons de réfléchir sur les apports des neurosciences à la société dans une ambiance conviviale et en évitant de se briser un neurone.

3 avril : Art et mathématique 

Présentation à venir

1er mai : Pourquoi travailler ? 

Présentation à venir

5 juin : Philosophie de la nature

Présentation à venir

A quoi ça ressemble un Instant Philo ? La réponse ci-dessous :

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